Bienheureux César de Bus (1544-1607)

19 octobre 2019

Introduction

César de Bus est originaire de Cavaillon, il est notre compatriote. Il est toujours marquant de penser que nous pouvons parcourir les mêmes chemins qu’il a emprunté, et voir la nature qu’il a lui-même vue, ce « grand livre ouvert », selon ses paroles même, où l’on peut contempler l’oeuvre de Dieu.

Il voit le jour et reçoit la grâce du baptême le 3 février 1544, à la cathédrale de Cavaillon. C’est une période difficile et troublée, pour le monde et l’Eglise catholique. En effet, les difficultés, les relâchements, les crises qui touchent la société ont aussi des conséquences dans la vie de l’Eglise.

C’est dans ce contexte que Martin Luther (né en 1483), réagissant à de réels abus qu’il avait pu constater dans la vie de l’Eglise, et en particulier de certains prêtres, évêques ou moines, exprime son opposition avec force et avec excès. Il conteste et remet en cause le pape et la hiérarchie, les indulgences, le célibat des prêtres, les vœux monastiques, le culte des saints, le sacrifice de la messe. Il est excommunié en 1520. En 1545, le pape Paul III conscient avec toute l’Eglise qu’il y a des abus à réformer, une ferveur à raviver, une foi à nourrir, ouvre le Concile.

César de Bus s’inscrira dans ce grand mouvement de Réforme Catholique commencée avant le Concile de Trente, et poursuivie ensuite (S. Gaétan, s. Philippe Néri, ste Angèle Mérici, s. Ignace de Loyola...), suscitant de nombreux témoins de sainteté et de fondateurs d’ordres et congrégations religieuses attachés à enraciner et faire rayonner cette réforme.

Enfance et jeunesse

La vie du bienheureux César de Bus est comme un arbre qui étend ses branches, fleurit et porte du fruit. Tout cela trouve son origine, sa source dans sa jeunesse, comme une semence.

Très tôt, César de Bus montre une grande piété. Tout jeune, il prépare dans sa chambre un petit autel, un lieu de recueillement qui lui permet de prier. Cette piété n’est pas seulement une fantaisie d’enfant, elle porte des fruits. Dans son contact avec les autres, son amabilité est reconnue, et plus encore, il fait montre d’une très grande charité, en particulier à l’égard des plus pauvres.

A 14 ans, il est envoyé à Avignon, au collège pour étudier. Non seulement il est un très bon élève, aux qualités de mémoire prodigieuses, mais en outre il est un camarade reconnu et apprécié.

Il revient à Cavaillon, où sa prédilection pour les plus pauvres se manifeste par son engagement dans la confrérie des Pénitents Noirs de la ville. Ces confrèries ont pour but d’une part de soutenir, nourrir et encourager la vie chrétienne de ses membres, mais aussi de les consacrer à des œuvres de miséricorde. Il est élu par ses confrères comme responsable de cette confrérie.

« Il vous faut accomplir toute action, en particulier les plus ordinaires et quotidiennes, avec plus de perfection aujourd’hui qu’hier, et demain plus qu’aujourd’hui, c’est-à-dire prier, célébrer ou écouter la sainte messe, prendre ses repas, dans les loisirs, en examinant sa conscience le soir, et faire toute autre action avec toujours plus de perfection... Donc, soyez souvent attentifs à vos inclinations, passions, habitudes et actions pour corriger de jour en jour tout ce qui est mauvais en vous, et progresser en tout ce qui est bon... La connaissance de soi, après celle de Dieu, est la première de toutes celles que doit avoir un chrétien, et en particulier un homme spirituel et pieux »


(cf. Testament de César de Bus, Enseignement XXVII)

A suive...