Vraiment ? Vraiment !

31 mars 2018

Cet adverbe anodin au point de passer inaperçu accompagne l’annonce de la Résurrection du Seigneur : Le Seigneur est vraiment ressuscité !
Vraiment, c’est-à-dire de manière vraie, en vérité, dans l’Esprit-Saint. Ce n’est pas une simple façon de parler ! Cela se distingue d’autres formulations et précisions de langage comme : d’une certaine manière, symboliquement, en esprit, dans un sens... non ! Le Seigneur est vraiment ressuscité.

Avant tout, cette insistance est celle des témoins : Pierre, Jean, Marie-Madeleine, les apôtres... Cette insistance marque en premier lieu leur propre surprise devant un événement qu’ils n’attendaient ni ne pouvaient imaginer ou espérer. Elle met en évidence ce qui est précisément au-delà de leurs attentes et espérances.

Plus encore, cette insistance souligne combien eux-mêmes ont eu du mal à prendre la mesure de la réalité. Pendant trois ans, ils avaient suivi et accompagné le Seigneur Jésus. Certains, comme saint Pierre, affirmaient avec véhémence leur détermination à le suivre coûte que coûte. Ils étaient avec lui au moment de son arrestation. L’ayant suivi de loin - par peur - ils l’ont vu souffrir, mourir et être mis au tombeau. La première chose qu’ils ont vu, c’est le tombeau vide. Passée la tristesse de ces épreuves, surmontée la peine de voir le tombeau vide, ils n’attendaient cependant pas que Jésus fût ressuscité. Les quarante jours pendant lesquels le Seigneur Jésus ressuscité sera avec eux seront pas de trop pour qu’ils commencent à comprendre. Dans ce « vraiment », il y a aussi les quarante jours de la Résurrection.

Et finalement, cet adverbe est une invitation, une ouverture, un encouragement pour ceux qui entendent cette annonce, à prendre le même chemin, à vivre la même rencontre, à entrer dans la même joie. Pour nous qui célébrons la Résurrection non seulement à Pâques d’une manière plus solennelle, mais aussi chaque dimanche, pour nous qui sommes baptisés dans la mort et la résurrection du Christ, c’est un exhortation à prendre au sérieux notre foi, et ce qu’elle nous apporte, c’est-à-dire, non simplement des choses à croire, mais la présence vivante du Christ Jésus ressuscité auprès de nous et avec nous, sa présence agissante par la puissance de son amour qui œuvre par la grâce.

Vraiment, en vérité dans l’Esprit-Saint, c’est vouloir affirmer non seulement par des paroles, mais nous engager à vivre cette réalité de la présence du Christ ressuscité avec nous. Suivre le Christ, c’est inséparablement affirmer notre foi en lui, vivre de son amour à sa suite, avec lui, proclamer et annoncer en paroles et en actes, témoigner de cette foi et de son amour. !

abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades