Voir grand, avec humilité.

3 février 2018

Dans l’Evangile, cette semaine, un épisode a attiré mon attention. Une femme, en proie à la maladie et aux souffrances qui l’accompagnent, depuis des années, s’approche du Seigneur Jésus. Elle vient à lui à cause de ce qu’elle a entendu dire à son sujet. Au milieu de la foule, pensant en elle-même : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. », elle s’avance.

Cette femme voit grand, avec humilité. Ce qu’elle veut, c’est être sauvée. Elle n’attend pas seulement d’être guérie et libérée de son mal, non, elle voit et veut plus grand, avec raison. Ce salut, c’est celui du corps et de l’âme. C’est en cela qu’elle voit grand. Cependant, elle demeure humble. Elle est au milieu de la foule, elle ne réclame pas une place à part, ni une audience privée, encore moins l’attention de toute la foule. Elle reste à sa place sans prétention. Elle ne réclame pas toute l’attention du Seigneur Jésus, elle a comme seule ambition de toucher le bord de son vêtement, modestement. Elle ne veut pas déranger. Elle ne cherche pas de moyens ambitieux qui la dépasseraient, elle cherche ceux qui sont à sa portée, à sa mesure. Son humilité est la marque de son ambition, son humilité pleine de réalisme et de confiance donne de la force à son espérance.

Ce qui est marquant, c’est que l’attitude de cette femme est à l’opposé de ce qui est trop souvent notre propre attitude : nous voyons petit et avec prétention ! Ce n’est pas le salut de l’âme que nous cherchons, mais trop souvent une satisfaction passagère. Et pour cela, nous voulons, plus encore nous exigeons les moyens les plus grands. Nous exigeons la première place, toute l’attention, une attention exclusive, Nous voudrions cueillir une fleur, et pour cela nous rasons la forêt !

Laissons-nous instruire par l’exemple de cette femme. C’est cette attitude de cœur et d’âme qui devrait nous animer lorsque nous prions chaque jour, lorsque nous participons au sacrifice eucharistique de la messe, dans notre vie chrétienne. Ce qui se passe est grand, parce que Celui qui s’y rend présent pour nous est Grand. Voir grand, c’est mettre notre cœur à la hauteur du don qui lui est fait. Il faut le faire avec humilité, sans prétention, en cherchant à nous approcher de Lui, ne serait-ce que pour toucher le bord de son vêtement. Or par sa grâce, par le don de son amour, notre Dieu se met à notre portée.

abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades