Reconnaître le Ressuscité.

7 avril 2018

Je ne me lasse pas d’entendre à nouveau ces évangiles de la Résurrection. Les paroles, les récits de ceux qui ont été témoins, nous conduisent au plus intime de leur cœur, de leur foi. Avec enthousiasme et ferveur, sans masquer leurs difficultés, leurs doutes, leurs faiblesses, ils nous dévoilent leur cœur, et nous accompagnent pour qu’à notre tour nous puissions reconnaître le Ressuscité. Ils le font à la manière d’un ami qui nous fait découvrir celui qu’il aime, avec douceur, sans force, sans contrainte.

Parmi ces témoignages, celui de Marie-Madeleine est particulièrement touchant. Marie-Madeleine « de laquelle il avait expulsé sept démons » ! N’est-ce pas surprenant d’identifier ainsi Marie-Madeleine ? Non point, parce que précisément, c’est « d’abord à Marie-Madeleine » que Jésus ressuscité est apparu. Ce n’est pas anodin. Il y a pour nous aussi une indication, un chemin qui s’ouvre, un moyen, à notre tour, de voir, de reconnaître le Ressuscité.

Marie-Madeleine était accablée par son péché, par ses péchés ; prisonnière et victime de ces démons. Elle en fut délivrée par le Seigneur Jésus. Cette délivrance ne fut pas un simple acte administratif, un geste superficiel et social. Ce sont son cœur, son âme, son être qui ont été touchés. Ce qui a préparé Marie-Madeleine à être la première à voir et reconnaître Jésus ressuscité, c’est précisément cette expérience qu’elle a fait de la miséricorde.

Faire l’expérience de la miséricorde, c’est d’abord prendre conscience et la mesure de son péché, de ce qui blesse notre cœur et l’empêche d’aimer et d’être aimé. Avec sa rencontre avec le Seigneur Jésus, Marie-Madeleine comprend que malgré son péché, avec son péché, elle est aimée et capable à son tour d’aimer. Ce n’était pas une évidence, ce ne fut pas facile. Cependant, elle a ouvert son cœur pour laisser le Seigneur Jésus le toucher et l’aimer. 

Ce chemin de la miséricorde est pour nous aujourd’hui encore le moyen de faire l’expérience concrète et intime de l’amour de Dieu, où nous découvrons que nous sommes aimés de Dieu. C’est le moyen pour nous aujourd’hui de voir et reconnaître le Seigneur Jésus ressuscité présent à nos vies, dans notre quotidien. Sans doute, pour nous aussi cela peut être difficile, cela n’est pas évident. Mais cette voie de guérison et de libération qui nous touche au plus intime de notre âme, de notre cœur, de notre être, peut nous ouvrir à la reconnaissance aujourd’hui de Jésus ressuscité.
Plus encore, la séquence : prise de conscience de notre péché, expérience de la miséricorde de Dieu, reconnaissance du Seigneur Jésus ressuscité, qui va donner son contenu, sa valeur, sa crédibilité à notre témoignage de foi et que nous pourrons répondre, comme les disciples, à l’appel du Seigneur : « allez dans le monde entier. Proclamez l’Evangile à toute la création ».

abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades