Plus belle la vie !

20 janvier 2018

Au-delà du clin d’oeil à un téléfilm populaire, l’expression peut nous séduire par sa concision. Elle semble vouloir dire bien plus que de longs discours ne le pourraient faire. La vie est belle, et plus belle encore, certes, mais qu’’est-ce qui fait précisément la beauté ?

Tout d’abord, la vie est fragile, vulnérable. Assurément, nous pouvons le constater pour chacun d’entre-nous, alors que nous sommes déstabilisés par un simple mal-de-tête. La vie est fragile et vulnérable, et du coup, elle a besoin de soin, d’attention, de prévenance, de tendresse. Qui pourrait en douter, en voyant une graine germer, un nouveau-né sans défense ou encore une personne âgée et malade ? Nos gestes et nos paroles peuvent dans ces cas-là paraître bien dérisoires et cependant, ils sont puissants pour protéger et soutenir la vie. La vie est fragile et vulnérable, certes, mais elle est aussi une force, parce qu’elle nous révèle que nous ne sommes jamais seuls.

De fait, la vie est plus belle, précisément parce qu’elle nous dévoile que nous dépendons toujours d’un autre : nous ne sommes jamais ni seuls, ni isolés. Nous dépendons toujours, d’une manière ou d’une autre, de quelqu’un pour notre vie, à commencer par nos parents. Cette dépendance n’est pas un esclavage, au contraire. Loin d’affecter notre liberté, cette dépendance la permet. Bien malheureux celui qui pense ne dépendre de rien ni de personne, qui n’a besoin de personne d’autre que lui-même, parce que derrière cette attitude orgueilleuse, se cache une immense solitude, une prison dorée. Il est dans l’illusion d’une liberté.

La vie est belle, plus belle, parce qu’elle est un don, un don gratuit, un don de soi, un don par amour, même si cet amour est parfois blessé ou maladroit. Ce n’est pas parce que nous le méritons, parce que nous en sommes techniquement capables, ce n’est pas un dû : c’est un don reçu, un don fait, un don transmis.

La vie est un miracle, c’est-à-dire une réalité qui appelle notre admiration, notre émerveillement, notre reconnaissance ; un miracle qui nous fait entrevoir Dieu, parce que « par lui tout a été fait ». Nous y découvrons que nous ne sommes pas seuls, que nous sommes aimés, que c’est là notre liberté et la beauté de la vie.

abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades