Le véritable patrimoine

16 juin 2018

Le patrimoine, c’est l’héritage que nous tenons de nos pères, plus largement de nos parents, de ceux qui nous ont précédé. Nous pourrions nous arrêter à la valeur comptable de cet héritage, ce qu’il nous rapporte, ce qu’il nous donne de richesse financière. Ce n’est pas sans valeur, certes, mais c’est peu de choses. Nous pourrions encore nous arrêter à la valeur seulement esthétique de cet héritage, ce serait encore trop peu !

Il y a quelques semaines, au cours de son homélie à Chartres pour le pélerinage de Pentecôte, le cardinal Sarah, en parlant de la cathédrale du lieu disait en substance que nos ancêtres, tout imparfaits qu’ils furent, ont voulu manifester et proclamer dans cet édifice, par son architecture, ses sculptures, ses peintures, ses vitraux, la joie d’être aimés et d’être sauvés.

La véritable richesse, le véritable patrimoine n’est pas d’abord dans ce qui se voit, se contemple, se calcule ou se compte, mais dans ce qui a permis, produit, engendré et créé tout cela. A travers tout cet héritage, ce que nous ont transmis nos pères dans la foi, c’est Celui à qui toutes ces réalisations, ces édifices et ces œuvres rendent témoignagent. Et plus encore, ces réalisations de la main et du génie de l’homme, rendent témoignagent de la rencontre de l’homme et de Dieu, de cet homme saisi par l’amour de ce Dieu d’amour qui se fait proche.

Ne voir dans ces œuvres que leur valeur marchande ou esthétique, c’est oublier ceux qui les ont réalisées, c’est oublier pourquoi ils les ont réalisées, c’est oublier Celui qu’elles proclament. Le véritable patrimoine est comme un iceberg dont nous ne verrions de nos yeux que la partie émergée. Etre attentif à ce patrimoine, c’est se mettre à l’écoute de ceux qui l’ont réalisé et du message qu’ils ont voulu nous donner. Transmettre ce patrimoine, ce n’est pas simplement le garder comme un trésor, c’est le faire vivre et l’enrichir encore de ce que nous sommes aujourd’hui.

Ce patrimoine, il nous appartient de nous l’approprier et de l’enrichir, par notre prière, notre vie chrétienne, par la beauté même de nos chants et de nos célébrations liturgiques.

abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades