La plus bête des questions

19 septembre 2020

Après leur avoir dit la parabole du semeur, le Seigneur Jésus s’adressant aux disciples leur affirme qu’il leur est donné de comprendre les mystères du Royaume, mais d’autres n’ont que les paraboles, et « ils regardent sans regarder et ils entendent sans comprendre » (cf. Luc 8).

Or, précisément, les disciples eux-mêmes s’étaient adressés au Seigneur Jésus pour lui demander ce que signifiait la parabole. Eux non-plus n’ont rien compris ! Ils ont regardé, ils ont entendu, mais ils n’ont rien vu, ils n’ont rien compris : trop compliqué pour nous, nous ne sommes pas assez cultivés, nous ne sommes pas assez intelligents, ce n’est pas pour nous. Ils ont bien entendu l’histoire et vu les images de la parabole, mais au fond, ils sont restés comme des spectateurs extérieurs. Et ils auraient pu en rester là ! Alors, quelle est la différence entre eux et les autres ?

La première chose, c’est que même s’ils n’ont pas compris, ils posent la question. Ils ne veulent pas rester dans leur incompréhension et leur aveuglement. Se poser la question, poser la question au Seigneur Jésus, chercher à comprendre, cette curiosité de l’intelligence et du cœur est le signe manifeste que la grâce a déjà touché leur cœur. En posant la question, ils répondent et se disposent déjà à l’oeuvre de la grâce, sans fermer ni leur cœur, ni leur esprit, ni leur intelligence.

Le deuxième point, c’est que le Seigneur lui-même les enseigne. Comme le dira saint Luc dans l’épisode des disciples d’Emmaüs, il « ouvre leur cœur à l’intelligence des Ecritures » (cf. Lc 24). L’intelligence des Ecritures ne se limite pas à une compréhension intellectuelle des choses, mais elle est un chemin de foi, un chemin du cœur, avec le Seigneur Jésus lui-même. Ce ne sont pas seulement des connaissances que le Seigneur apporte, qui viendraient enrichir une encyclopédie, c’est la connaissance de l’Amour de Dieu en laquelle le Seigneur nous conduit, qui vient en premier lieu, enrichir notre cœur, nourrir notre foi et affermir notre espérance.

Il est important et vital, que chacun de nous dans sa vie de foi, soit attentif à l’oeuvre de la grâce qui touche notre cœur, et vient frapper à la porte de notre intelligence. La seule question la plus bête, est toujours celle qu’on ne pose pas !

 

Abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades