Il y a ici bien plus !

24 février 2018

La reine de Saba est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon. Laissant son royaume et ses biens, elle parcourt de nombreux kilomètres, parce qu’elle a entendu parler de la sagesse de Salomon ; elle veut l’entendre de ses propres oreilles. Les habitants de Ninive, eux, se sont convertis sur la simple parole d’un homme, Jonas, qui, parcourant la ville, prêchant par la parole et par l’exemple, a convaincu les habitants de Ninive, qui ont abandonné leurs mauvaises habitudes, leurs péchés pour se tourner vers le Seigneur.

Et nous ? Ne serions-nous pas cette génération mauvaise, dénoncée par le Seigneur Jésus, qui demande un signe ? Et d’ailleurs quel signe ? Quel signe pourrait nous convaincre, nous convertir ?

Il y a ici bien plus que Salomon, il y a bien plus que Jonas ! Salomon annonçait une sagesse qui permet de connaître Dieu, Jonas annonçait une conversion qui conduit à aimer Dieu... il y a ici bien plus ! Il y a ici Celui qui est la source de la sagesse de Salomon, il y a ici Celui qui est la cause, le motif, le but de notre conversion. Nous pourrons toujours continuer à chercher, demander, réclamer de nouveaux signes, aucun ne parviendra à nous satisfaire ou nous apporter quelque certitude.

Si nous attendons des preuves, au sens technique et scientifique du mot, non seulement nous n’en trouverons pas, mais si nous en trouvions, quand bien même apporteraient-elles des certitudes, elles n’emporterons pas notre conviction. Elles ne changeront rien dans nos cœurs et dans nos vies. En revanche, si nous sommes attentifs aux signes, aux indices, notre cœur sera capable de reconnaître ce qui se dévoile à travers eux, celui qui, par ces signes, nous donne les gages de sa grâce, de son amour. Exigeons-nous des preuves d’amitié à un ami ? Est-ce qu’en la matière, nous ne procédons pas par indices et signes qui nous révèlent et nous donnent plus que ne le feraient des preuves ? Ces signes et indices ne nous conduisent pas à changer notre attitude, notre façon de faire, notre capacité à écouter cet ami ?

Il y a ici bien plus ! Dans la célébration de la messe, en particulier, et des sacrements, d’une manière plus générale, ces signes et ces indices nous sont donnés. Ce temps de carême est privilégié pour nous rendre attentifs, et apprendre à les comprendre et à y répondre. C’est Lui qui est là, c’est Lui qui nous parle.

abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades