Grâce à la foi...

30 janvier 2021

L’épître aux Hébreux précise au chapitre 11 : « La foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas ».

Nous avons peut être tendance à penser que la foi se réduit à quelques croyances acceptées plus ou moins consciemment, et trop souvent sans lien véritable avec notre vie quotidienne.

L’auteur de l’épître aux Hébreux évoque le témoignage des anciens et des pères dans la foi, et ce qu’ils ont réalisé « grâce à la foi ». La foi est un don de Dieu, elle touche le cœur de l’homme, vient le cueillir dans sa vie, au cœur de ses activités quotidienne, dans ses joies et ses peines, et apporte la lumière d’une espérance, d’un possible, d’une victoire là où il semblait qu’il n’y avait, à vues humaines, plus d’espoir, plus rien de possible, où l’échec, la souffrance et la mort semblaient avoir le dernier mot.

La foi n’est pas une illusion, mais « une façon de posséder ce que l’on espère ». Bien sûr, ce n’est pas le posséder totalement, mais une façon de le posséder déjà. Cela se traduit par une attitude d’audace, de confiance, d’espérance, de force. La foi se traduit en acte, porte du fruit dans la vie, s’épanouit concrètement. Ainsi que je l’évoquais déjà il y a quelques semaines, elle se rend alors visible, sensible, tangible. Elle ressemble à la joie et à l’enthousiasme que l’on met à préparer sa maison, sa table et un repas pour accueillir des convives chers à notre cœur. Même s’ils ne sont pas encore là, toute la joie et l’enthousiasme que nous mettons est déjà une façon de les accueillir, de les recevoir. Ils ne faut pas attendre qu’ils soient présents et que nos yeux les voient pour commencer les préparatifs ! Il en est de même pour la foi.

« La foi est un moyen de connaître les réalités qu’on ne voit pas ». Nos yeux, et plus largement nos sens, ne suffisent pas à rendre compte de la réalité, de ce qu’on vit, de ce qui enflamme notre cœur. C’est une démarche normale et habituelle de procéder et d’aller de ce que l’on connaît, vers ce que l’on ne connait pas. Cela se fait à la manière d’un artiste qui voit avec son cœur, avant tout, ce qu’il va exprimer par son art, sa création, son œuvre. Et là, nous comprenons bien qu’une peinture ne se limite jamais à ce qu’elle représente ou aux matières dont elles est constituée, mais elle dit plus que cela.

Le premier pas, pour chacun d’entre-nous, c’est de ne pas nous limiter à quelques croyances, mais à laisser le Seigneur notre Dieu toucher notre cœur par la foi, et comme nos pères, avoir l’audace que la foi nous révèle et dévoile, à connaître, avec notre intelligence et notre cœur, les réalités que nos yeux ne peuvent voir, à répondre à l’appel de Dieu qui résonne ainsi dans notre vie.

 

Abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades