Etre chrétien

19 octobre 2018

Valeurs, croyances, morale, signes visibles, pratiques rituelles... Qu’est-ce qu’être chrétien ? Est-ce que cela pourrait être réduit à des valeurs, des croyances, une morale, des signes visibles, des rites ? Toute cela est loin d’être négligeable, mais c’est trop peu dire ! Je voudrais vous proposez quelques éléments de réponse à partir du tableau de la Sainte-Trinité que nous avons dans notre église.


Au centre du tableau, il y a le Christ – le Fils - en croix, porté par le Père et comme enveloppé dans son manteau. L’un et l’autre ont les bras étendus : le Père en signe de don, le Fils en signe d’offrande. Entre l’un et l’autre : le Saint-Esprit, les ailes éployées. C’est le langage de la croix dont parle saint Paul, où l’Amour éternel de Dieu se manifeste et s’exprime dans un langage humain : dans la vie offerte du Fils, se montre le don de l’Amour du Père, dans l’Esprit-Saint qui les unit.


A gauche du tableau, se trouve saint Sébastien - seul - en son martyre. Le martyr c’est le modèle et l’exemple héroïque de la vie chrétienne. Cependant, être martyr, ce n’est pas une option, c’est un don de Dieu un charisme et une réponse personnelle. Cet homme a voulu demeurer fidèle non seulement à ses convictions ou simplement à sa foi, mais au Christ Jésus, à sa personne. Il n’a voulu ni mourir, ni souffrir, mais il vit son martyr avec le Christ Jésus, par lui, et en lui. C’est ce que montre ce regard tellement saisissant. C’est ce Christ qu’il contemple. C’est en Lui qu’il trouve son audace, son courage, sa force. Etre martyr, c’est-à-dire - en grec - être témoin, c’est puiser dans le cœur-à-coeur avec le Christ la source même de notre foi, comme un ami découvre son amitié dans le regard de son ami. Comment parvenir à cela ?


A droite du tableau, sans doute saint Eloi et saint Véran, évêque de Cavaillon, tenant enchaîné le monstre.


Saint Eloi a les mains jointes, il regarde le Christ dans sa passion, et plus encore, il médite sur cette Passion, il en receuille les fruits, non seulement intellectuellement, mais avec son cœur.


Saint Véran, lui, tient une main sur son cœur : il est touché au cœur par ce mystère. Ce n’est plus simplement un événement du passé qu’il contemple, mais une réalité éternelle, qui le dépasse, qui le touche aujourd’hui, jusque dans son péché, dans ses faiblesses, dans ses limites (qui peuvent être représentées par le monstre).

Plus qu’un tableau, nous avons un programme de vie chrétienne, une charte du chrétien. Si nous voulons être chrétiens, témoins du Christ – et même jusqu’au martyr -, il faut d’abord puiser dans ce mystère - c’est-à-dire en la personne même de Jésus, dans sa vie, dans ses paroles, dans le coeur-à-coeur - par la méditation et la prière, c’est-à-dire aussi bien par l’intelligence, et donc par l’étude, que par le cœur, ce qui peut nous orienter et nous éclairer, mais encore faut-il que notre cœur soit touché, c’est-à-dire que nous comprenions que cela est pour nous, que nous sommes au cœur de Dieu, qu’il est là pour nous.

abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades