De partout, on venait à lui.

14 janvier 2018

Nous voyons dans l’évangile le Seigneur purifier un lépreux.

Par sa maladie, le lépreux est coupé, isolé, mis à l’écart du monde, de la société, de sa famille. Il est seul et rejeté. Quel image peut-il avoir de lui-même ? Rongé, défiguré et réduit à rien par son mal. Certes, il peut vivre ainsi, s’organiser, s’arranger, trouver l’aide d’autres lépreux qui sont dans la même situation que lui. Mais il est à part, dans une vie plus étroite, réduite. Et pourtant, malgré son mal, il vient au devant du Seigneur Jésus et le supplie « si tu le veux, tu peux me purifier » (cf. Mc 1, 40-45). Malgré son mal, il lui reste la foi et l’espérance. Cette foi, cette espérance le poussent à dépasser son mal, sa situation, cet état de fait.

Bien sûr, il s’agit d’une véritable maladie, mais elle a aussi un autre sens, pour nous. La lèpre peut être une image du péché. En effet, le péché est précisément ce qui vient entâcher nos relations : avec Dieu, avec les autres, mais aussi, finalement, avec nous-mêmes. Le péché nous isole, nous met à l’écart et nous défigure. Le péché nous conduit à avoir une vision blessée et faussée, du monde, des autres, de Dieu, de nous-mêmes. Puissions-nous avoir la même audace, par la foi et l’espérance, nous aussi, pour demander d’être purifiés de notre mal.
« Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. ». La première réaction du Seigneur n’est pas le rejet. Au contraire, il est saisi de compassion. La compassion est une des formes et des manifestations de l’amour. La compassion c’est l’amour qui nous fait percevoir et ressentir la douleur, la peine de celui qu’on aime. Le Seigneur Jésus qui étend la main, c’est comme le prêtre qui donne l’absolution lors de la confession. Le Seigneur Jésus qui dit « je le veux sois purifié », c’est comme le prêtre qui dit au pénitent « et moi, je te pardonne tous tes péchés ».

Le geste du Seigneur Jésus est sacramentel : il fait un geste, qui répond à la demande du lépreux, et accompagne ce geste d’une parole qui lui donne du sens. Ce qu’il signifie par ce geste et cette parole, est réalisé. La purification du mal est accomplie.

Alors même que le Seigneur enjoint à cet homme de ne rien dire à personne, celui-ci n’a de cesse de le proclamer de partout. Ce qu’il proclame, ce n’est pas simplement qu’il a trouvé un guérisseur, mais bien plus que cela. Il annonce une bonne nouvelle. « Et de partout, on venait à lui », précise l’Evangile. Nous ne pourrons prétendre à être de véritable témoins du Christ-Jésus, à porter l’Evangile, si nous ne faisons pas l’expérience de cette purification, si nous ne demandons pas au Seigneur, de tout notre cœur « si tu le veux, tu peux me purifier ». Ce qui peut convaincre, ce ne sont pas nos paroles, mais le témoignage de l’oeuvre de la grâce dans nos cœurs et dans nos vies.

abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades