Curieux sondages

12 mai 2018

Ecoutant distraitement la radio, j’entendis l’animateur annoncer d’un ton fier qu’un pourcentage non négligeable de catholiques ne croyait pas à la Résurrection. Je ne me souviens exactement du chiffre, mais le ton fier et satisfait de l’animateur me laisse le souvenir d’une proportion importante. Au-delà du fait que les sondages ne sont qu’un indicateur avec ses limites, et qu’ils ne peuvent servir ni de preuve, ni encore moins tenir lieu de raisonnement, il n’empêche que cet indicateur ne peut nous laisser muet.

Je me souviens que plus jeune, je déclarais ne pas croire en Dieu, jusqu’à ce que je comprenne que ce que je mettais sous le nom de Dieu n’était en effet ni croyable, ni crédible. Le problème était que du haut de mes certitudes de jeunesse, je croyais tout savoir et avoir une opinion définitive sur tout. Le problème est identique pour la question de la Résurrection de Notre Seigneur. Il est possible que des chrétiens, ou déclarés comme tels, affirment ne pas croire à la Résurrection, tout simplement parce qu’ils en ont une représentation fantastique, féérique et incroyable. Une fois de plus, nos certitudes prennent le pas et la place de nos convictions.

A cet égard, le témoignage et l’exemple des apôtres et des disciples sont significatifs, puisque l’Evangile nous rapporte que jusqu’au bout, jusqu’à l’Ascension, certains doutèrent. C’est un fait que la résurrection de Notre Seigneur ne fut pas une évidence, même pour ses disciples, et qu’ils ont eu besoin de temps pour prendre la mesure de cette réalité, pour prendre conscience de ce fait.

Les apôtres et les disciples n’ont pas essayé d’expliquer, mais ils ont rendu compte de ce qu’ils ont vu, de ce dont ils ont été témoins. Les 40 jours entre Pâques et l’Ascension ont été déterminants, parce que le Seigneur leur a donné de nombreuses preuves de sa résurrection et qu’il a continué à les former, à les enseigner et à leur parler du Royaume des Cieux. Nous ne pouvons pas faire l’économie de ce temps d’enseignement et d’approfondissement, pour éclairer notre foi, qui ne se réduit pas à croire des choses, mais nous permet de connaître et reconnaître le Christ Jésus ressuscité.

Les apôtres et les disciples n’ont pas expliqué, mais ils ont attesté : nous avons mangé et bu avec lui ! Ils affirment cela comme pour montrer que ce ne sont ni des contes, ni des récits fantastiques, mais la réalité de ce dont ils ont fait l’expérience. La résurrection du Seigneur Jésus n’est pas une chose à croire, mais une réalité, une rencontre à vivre dans notre vie humaine nourrie dans la prière, le culte public et les sacrements où le Seigneur, en particulier dans le sacrement de l’Eucharistie, se fait reconnaître à nous dans la fraction du pain.

abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades