Quelle quantité de foi pour une prière efficace ?

18 novembre 2017

Dans l’Evangile de Saint-Luc (18, 1-8) Notre Seigneur nous enseigne sur la « nécessité de toujours prier sans se décourager », se demandant toutefois « le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

La prière est le moyen que nous avons, non seulement d’être en relation avec Dieu, mais aussi de lui dire nos attentes, nos demandes, de lui exprimer notre amour, et en retour de disposer notre cœur et notre vie à accueillir sa réponse et sa présence. La prière est le moyen que nous avons de laisser à Dieu sa place dans notre vie, mais aussi, de prendre la nôtre dans son cœur.

Certes, il peut y avoir du découragement, notamment lorsque nous avons l’impression de n’être ni entendus, ni exaucés. Cependant, précisément, la persévérance « sans se décourager » fait partie de la prière. En effet, nous avons besoin de temps pour prendre de la hauteur et du recul. Alors quel est le problème ?

« Le Fils de l’homme trouvera-t-il la foi sur la terre ? ». Le problème pourrait être que notre prière ne soit pas exaucée, parce qu’elle n’est pas faite dans la foi, parce qu’il lui manque la foi. Cela ne veut pas dire que nous devrions avoir une certaine quantité ou qualité de foi, pour que notre prière fût exaucée. Il ne s’agit pas de cela, mais il faut et il suffit qu’elle soit faite avec foi : la cause de notre prière doit être la foi ; ce qui doit porter notre prière, c’est la foi ; ce qui doit en être l’accomplissement, c’est la foi. Or, bien souvent, nous recourrons à la prière comme un dernier recours, en désespoir de cause. Ce n’est pas la foi qui la détermine, mais l’absence de toute espérance. Bien souvent, au cœur de notre prière, il y a des mots, des formules, répétées comme des incantations jetées dans le vide : nous ne nous adressons pas à quelqu’un, mais nous crions dans le vide, nous sommes seuls dans notre prière, et sans amour. Bien souvent, au lieu d’attendre un résultat et de nous préparer à accueillir la réponse de Dieu, notre prière n’est ouverte sur rien, sans attente, sans espérance.

Notre prière ne doit pas être une parenthèse ou une cellule d’isolement, mais elle doit le choix de vivre avec Dieu et de l’aimer. La foi, en ce sens, n’est rien d’autre que ce choix. La prière doit accompagner, ponctuer et rythmer notre vie dans toutes ses dimensions et ses événements.

Abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades