Mon frère !

17 juillet 2017

« Qu’il est bon, qu’il est doux de vivre en frères et d’être unis ! », chante le psaume 133 (132), et de poursuivre « c’est comme un baume qui sur la tête qui descend sur la barbe »..., ou, selon les traductions « comme une huile sur la tête qui descend sur la barbe ». Je dois avouer que cette image de l’huile qui coule sur la tête ne m’est pas particulièrement agréable ! De fait, il ne manque pas de personnes qui n’ont que ce mot « mon frère », à la bouche, mais en parole et en dans les actes, c’est poisseux – ou pour le mieux dire, comme en provençal, ça pègue ! - comme de l’huile, et on ne sait comment s’en débarrasser !

Etre frères, cela ne se décrète pas, cela ne se décide pas, cela ne s’idéalise pas. Il est si facile de proclamer des mots, des valeurs, des idées pour mieux s’en libérer dans les actes et les faits ! Etre frères, c’est un fait, c’est un don. Assurément, c’est dans la famille que cela peut se vivre, et c’est avec ma sœur que je l’ai vécu en tout premier. Malgré nos différences d’âge, de formation, de sensibilité il y a entre nous une vraie affection, une estime authentique, une sollicitude réelle. Nous sommes frère et sœur, parce que nous avons les mêmes parents, mais au-delà de ce fait, nous nous sommes reçus l’un l’autre comme un don, nous nous sommes choisis comme des êtres chers à notre cœur. Je suis particulièrement touché par l’attention que prend ma sœur à me faire connaître et aimer par son époux et ses enfants.

Cette fraternité, c’est aussi avec les amis que je l’ai découverte. Ces amis pour lesquels je compte, malgré mes défauts, mes limites, mes faiblesses. Ces amis qui comptent pour moi, avec leurs défauts, leurs limites, leurs faiblesse. Pourquoi n’évoquer que ces défauts, ces limites, ces faiblesses ? Tout simplement parce que souvent nous avons tendance à idéaliser cette fraternité, et finalement à la rendre inhumaine, comme si l’ami était cet être parfait, sans défaut, sans limite, sans faiblesse ! Or, précisément, il me semble que c’est là que se dévoile la véritable amitié, l’authentique fraternité, lorsque dépassant cela, elle nous porte à surmonter cela, sans honte, sans scrupule.

Je rends grâce à Dieu pour ces amis, qui sont des frères, que Dieu me donne, qui me permettent de surmonter mes pauvretés, qui me réconfortent par leurs richesses, et qui me laissent entrevoir qu’en retour, je fais et je suis pour eux au moins autant que ce qu’ils sont pour moi.

Abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades