Mener le bon combat

14 octobre 2017

Pratiquement chaque semaine l’actualité nous annonce de nouveaux massacres. Les visages souriants de Mauranne et Laura demeurent dans ma mémoire, douloureusement. Ils viennent s’ajouter à une longue liste. J’ai été saisi, à cette occasion, par les discours et déclarations qui ont accompagné ce drame. Nous avons du mal à dire l’horreur, à trouver les mots pour qualifier l’inqualifiable. Nous trouvons des périphrases, des mots qui voudraient atténuer, voire effacer la violence des faits.

Plus encore, nos réactions semblent inappropriées, dérisoires, ridicules : allumer une bougie, éteindre la tour Eiffel, afficher un carré noir sur notre page facebook... et puis plus rien ! Nous faisons comme si nous attendions le prochain événement pour reprendre nos déclarations et refaire ces gestes incantatoires.

J’espère - sans vraie conviction en fait - que ce qui nous embête dans tout cela, ce n’est pas que ces massacres, cette violence et cette haine viennent déranger notre confort, nos petites habitudes, nos certitudes. J’ai l’impression que nous faisons parfois comme avec les jeunes enfants, lorsqu’ils se font mal : on souffle sur la blessure pour en faire disparaître les causes. Sommes-nous vraiment convaincus que cela soit efficace ? Par ailleurs, nous ne voudrions par être doublement victimes de ces horreurs : une première fois en subissant les coups, une deuxième fois en réagissant avec la même violence, avec la même haine, pour nous venger.

Alors, comment mener le bon combat ? Quelles armes, quels moyens prendre ? Lors du baptême, le prêtre, faisant un signe de croix sur les oreilles et sur la bouche de ceux qui vont recevoir ce sacrement, dit « le Seigneur a fait entendre les sourds et parler les muets, qu’il te donne d’écouter la Parole de Dieu, et de proclamer la foi pour la gloire et la louange de Dieu ». Nos armes ne détruisent pas, elles construisent ! Lutter contre le mal, lutter contre le démon, ce n’est pas d’abord prendre les mêmes armes que lui en cherchant à détruire. Ne soyons ni sourds, ni muets, en actes et en paroles. Plus que jamais il est nécessaire de recevoir, d’approfondir, de comprendre et de vivre notre foi.

Cela commence par la messe, chaque dimanche, où nous pouvons puiser la force, les ressources pour écouter la parole de Dieu et la proclamer dans notre vie de tous les jours : dans notre vie chrétienne personnelle, par la prière, en famille, dans la société, dans nos activités professionnelles, politiques, sociales. Mener le bon combat, c’est commencer par ne pas laisser la place libre, ne pas abandonner notre responsabilité.

Abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades