Médecin des âmes, du corps et de l’esprit

19 août 2017

Lorsque nous avons mal quelque part, que nous nous soyons blessés ou que nous soyons malades, nous savons trouver le médecin qui saura soulager notre mal, voire en guérir les causes, et ainsi nous rendre la santé. Il est parfois des maux qu’il est plus difficile d’identifier : ceux de l’âme et ceux de l’esprit. En outre, il faut le reconnaître, les limites ne sont pas toujours franches entre ces différents domaines.

Notre esprit peut être blessé, connaître des blocages, voire des maladies. Selon les cas, il faudra consulter un psychologue, pour nous aider à aller mieux, ou un psychothérapeute, pour nous soigner. C’est du bon sens que de savoir écouter son corps et son esprit, pour prendre les moyens les plus adaptés à nous aider, à nous guérir. Bien des personnes vivent avec des blessures ou des blocages qui empoisonnent leurs vies et leurs relations, comme un grain de poussière peut bloquer les mécanismes les plus perfectionnés. Or, il suffit bien souvent de pas grand chose, simplement d’en parler, pour prendre du recul par rapport à ces maux, en prendre conscience, et finalement s’en libérer en les laissant à leur place, sans leur donner plus d’importance qu’ils n’ont.

Il y a quelques jours, quelqu’un me disait : « les prêtres, avec la confession, vous êtes un peu comme des psy, non ? ». Le prêtre n’est pas un psychologue ou un psychothérapeute, et encore moins un médecin pour le corps. Le prêtre s’occupe des âmes. Mais qu’est-ce que l’âme ? J’aime à la définir comme notre capacité d’aimer et d’être aimé, qui dépasse toutes les limites d’âge, de capacité physique ou intellectuelle, à plus forte raison nos possession matérielles, Cela dépasse même notre vie terrestre visible, parce dès la conception, ce petit être dans le corps de sa mère, en croissance, est déjà capable, à sa mesure, d’aimer et d’être aimé, et au-delà de la mort, ceux qui ont quitté cette vie terrestre, demeurent capables d’aimer et d’être aimés. Cette capacité d’aimer et d’être aimé, c’est ce qui nous définit non seulement comme être humains, mais aussi comme individus uniques, avec tout ce que nous sommes, aussi bien nos qualités que nos défauts.

Cette capacité d’aimer et d’être aimé, notre âme, elle aussi peut être blessée, malade ou emprisonnée. Cela s’appelle le péché. C’est cela, le péché, loin d’être simplement ou caricaturalement une faute, un manquement à une règle, est ce qui blesse notre âme et l’empêche d’aimer et d’être aimée. C’est bien parce que le péché blesse notre âme, ce que nous sommes, créés à l’image et ressemblance de Dieu, que cela blesse notre relation à Dieu. Ce Dieu Créateur et Sauveur, ce Dieu d’Amour, a voulu nous donner les moyens de guérir notre âme, par le sacrement de la réconciliation et de la miséricorde. Bien sûr, dans la confession, il peut y avoir aussi une dimension psychologique, mais elle ne peut s’y réduire, et surtout, il ne faut pas confondre les domaines, au risque de douloureuses blessures ou déconvenues. Mais pareillement, il serait illusoire de vouloir « traiter » les maux de l’âme, par une simple approche psychologique, ou encore de réduire tout cela à des maladies physiques.

Bien sûr, nous ne sommes pas « coupés au couteau », et il y a des liens entre le corps, l’âme et l’esprit. Et parfois, un mal du corps peut avoir des répercussions sur l’esprit et sur l’âme, et réciproquement. Si nous sommes capables de prendre soin de notre corps et de notre esprit, sachons aussi prendre soin de notre âme. Le prêtre n’est pas un psy, mais un médecin des âmes, un médecin du cœur.

Abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades