Le message de Notre-Dame-de-Fatima

14 mai 2017

Alors que nous célébrons le centenaire des apparitions de la Vierge-Marie à Fatima, sans vouloir être exhaustif, je voudrais souligner un des aspects du message de Notre-Dame. Que dit-elle, quel message transmet-elle à ces trois enfants Lucie, Jacinthe et François ? C’est simple : Priez ! Priez beaucoup ! Et en particulier le chapelet. Et s’ils n’ont pas l’objet « chapelet », qu’ils se servent de leur chapelet naturel, leurs dix doigts. Rien d’original, rien d’extraordinaire, rien de nouveau. N’est-ce pas aussi conforme à ce que nous a enseigné Notre Seigneur : priez sans cesse ?

Quel est le but de la prière et de cette prière incessante ? Un jour, une femme, dans la foule, voyant le Seigneur Jésus et sa mère, s’écria « heureuse la mère qui t’a porté », et le Seigneur Jésus répondit : « heureux plutôt celui qui écoute la Parole de Dieu et qui la garde ». Loin d’être une parole qui aurait dévalorisé la Vierge Marie, au contraire, cela met en évidence ce qui est la source de sa sainteté : écouter la parole de Dieu et la garder.

C’est le but même de la prière, ce moyen par lequel nous nous demeurons en la présence de Dieu, quelles que soient nos activités. La prière dispose notre cœur, notre vie, nos oreilles et notre intelligence à écouter, à être attentif à Dieu qui nous parle. Certes, cette Parole de Dieu est portée par la Sainte-Ecriture, mais aussi par toute la vie et la tradition de l’Eglise, et c’est ainsi que nous pouvons reconnaître dans les événements et les rencontres de notre vie de chaque jour, ce Dieu qui continue à nous parler. Or découvrir que Dieu s’adresse à moi, personnellement, c’est comprendre que Dieu est là, non seulement avec moi, mais aussi pour moi, parce qu’il m’aime. Garder la Parole de Dieu – et non seulement l’écouter – c’est prendre les moyens de demeurer en cette présence de Dieu quoi que nous fassions. C’est permettre à Dieu de porter du fruit dans notre vie.

Ce qui est vrai de toute prière, est particulièrement vrai de la prière du chapelet. Soeur Lucie, l’une des voyantes de Fatima, devenue religieuse, disait « ce qui manque à ceux qui trouvent la prière du chapelet monotone, c’est l’Amour ». En effet, ce qui est vrai du chapelet est aussi vrai de toute prière, nous n’y mettons, au fond, pas assez d’amour, en nous attachant trop à faire des gestes ou à dire des mots, plutôt qu’à laisser notre cœur s’exprimer à travers ces mots et ces gestes. Le cœur qui aime ne se lasse pas de dire « je t’aime » : il le dit dans la joie mais aussi dans la peine, dans la richesse comme dans l’infortune, dans les victoires comme dans les échecs. Il y a tellement de façon de le dire, de l’affirmer, de le vivre ! La prière du chapelet nous apprend, finalement, à aimer en priant, et à prier en aimant, en toute circonstance.

Je voyais, il y a quelques jours, un petit dessin humoristique avec cette légende : « le premier chapelet ». On voyait sur le dessin Jésus enfant, avec la Vierge-Marie sa mère. Et le petit enfant, tapotant l’épaule de sa mère, pour attirer son attention, disait sans se lasser : « maman, maman, maman, maman.... ». Puissions-nous découvrir et transmettre cette ferveur simple, comme un trésor.

Abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades