L’espérance de la moisson est dans la semence

2 septembre 2017

Spes messis in semine ! C’est la devise, tirée de la Sainte Ecriture, qui est au fronton du séminaire d’Avignon devenu aujourd’hui l’Archevêché. Ce qui est vrai pour les prêtres et les vocations, l’est aussi pour chacun de nous dans notre vie et notre foi chrétienne.

Et précisément, cette période de rentrée est le temps des semences. Une nouvelle année commence avec son lot de projets, d’initiatives, de nouveautés, de surprises. Mais, tout cela pourrait être étouffé par nos habitudes, la routine, notre manque de courage ou d’audace. C’est tellement plus facile et confortable de ne pas se remettre en question, de s’habituer à la routine, de se contenter de ce que l’on a, plutôt que de chercher à l’améliorer et l’affermir.

Tout cela est vrai aussi pour notre vie paroissiale et notre vie chrétienne. Et en particulier, il y a un point fondamental sur lequel je reviens régulièrement, mais qui est vital pour nos communautés. Il s’agit de la question de la transmission de la foi spécifiquement aux plus jeunes, par le catéchisme et l’aumônerie. En effet, elle est là l’espérance de la moisson, dans cette semence. Or, nous sommes bien souvent comme des consommateurs passifs : nous allons au supermarché pour acheter ce dont nous avons besoin, quand nous en avons besoin, sans nous soucier de savoir ni comment ni où cela a été produit !

En matière de foi, nous ne pouvons nous contenter d’être des consommateurs qui ne répondraient qu’à leurs instincts ou leurs besoins. Nous devons être comme des artisans de notre foi, qui ne se contentent pas de vendre le fruit de leur travail, mais qui ont à cœur de transmettre leur savoir faire, et plus encore, qui éprouvent une vraie joie, une satisfaction lorsque le disciple dépasse le maître. Je parlais la semaine dernière avec un artisan qui travaille avec son fils, et ce que j’entendais derrière ses paroles, c’est cette réalité, cette joie et cette fierté.

Quelle que soit la place que nous y prenions, selon nos charismes, nos possibilités, chacun doit contribuer à la transmission de la foi : prière, témoignage, diffusion de l’information, groupe de catéchisme... Cet enjeu est vital. C’est notre responsabilité à chacun.

Abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades