J’ai cherché celui que mon coeur aime

24 juillet 2017

La première lecture de la fête de sainte Marie-Madeleine, tirée du Cantique des Cantiques dans l’Ancien Testament, nous fait entendre à nouveau les paroles de la Bien-Aimée « J’ai cherché celui que mon cœur aime ! ». Ce Cantique des Cantiques est un véritable chant d’amour, où l’âme est représentée par la Bien-Aimée, et le Seigneur Dieu, par le Bien-Aimé.

Ce qui est marquant dans cette formulation, c’est que le Bien-Aimé est déjà dans le cœur de la Bien-Aimée, avant même qu’elle l’ait trouvé. Il y est en espérance, il y est par amour, il y est par désir et par foi ou confiance. Sa recherche est à la mesure de son attente, de son espérance, de son amour. C’est cela qui motive la Bien-Aimée, et lui donne l’ardeur pour rechercher son Bien-Aimé.

Ces paroles s’appliquent d’une manière spéciale à sainte Marie-Madeleine. En effet, elle a cherché celui que son cœur aime. Elle l’a cherché d’abord maladroitement, et a pensé trouver dans un simple amour humain, celui que son cœur désirait plus que tout. Insatisfaite, elle a multiplié ces relations, ces rencontres, jusqu’à en faire son métier ! Et loin de trouver celui que son cœur aime, elle fut rejetée de tous, mise au banc de la société, par ceux-là même qui bien souvent devaient aussi user des ses services. Elle aurait pu en rester là, et finalement, épuisée, écœurée, désespérée, déçue, elle aurait pu abandonner. Mais ce ne fut pas le cas.

Elle a reconnu en Jésus celui qui est capable de combler son cœur, d’affermir sa confiance, de répondre à son espérance.
C’est encore lui qu’elle vient chercher au tombeau. Elle vient avec des parfums pour manifester, au-delà de la mort, son attachement, sa tendresse à celui qui l’a libérée, guérie et relevée de son péché. Elle montre combien, au-delà de la mort, l’âme demeure, l’amour et la tendresse persistent et sont plus forts que la mort. Elle ne se laisse pas abattre par la mort du corps comme elle ne s’est pas laissée abattre par ce qui aurait pu tuer son cœur. Elle est désormais plus forte.

Elle ne se contente pas de le chercher pour elle, égoïstement. Pour elle, rechercher celui que son cœur aime implique d’en témoigner, de le porter aux autres. Elle témoigne par sa vie et ses paroles de Celui qui a comblé son cœur, elle transmets ses paroles, elle est servante de sa grâce : « Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit. » Elle est l’apôtre des apôtres, elle témoigne de la résurrection du Seigneur, de ce qu’elle a vu ; elle témoigne et porte ses paroles. Son témoignage est fort, parce qu’il est celui d’une pécheresse pardonnée, libérée et guérie de son péché.

Cette recherche ardente de sainte Marie-Madeleine est un modèle et un exemple pour tout chrétien, pour vivre sa vie chrétienne, sans se laisser abattre par le péché qui peut anéantir le cœur, sans abandonner devant la mort qui détruit le corps.

Abbé Bruno Gerthoux, curé de Robion et des Taillades